Chômage intempéries BTP : le guide complet

Mis à jour le 27 août 2026.

Le chômage intempéries indemnise les heures de travail perdues quand la météo rend le chantier impossible ou dangereux. C'est un régime propre au bâtiment et aux travaux publics, financé par les cotisations des entreprises et géré par le réseau des caisses CIBTP. Bien tenu, il transforme une journée de paie sèche en journée remboursée. Mal documenté, il expose l'entreprise à un refus de remboursement. Ce guide résume les causes couvertes, qui décide, ce que la caisse contrôle, et les délais durcis depuis 2026.

Ce que couvre le chômage intempéries

L'article L5424-8 du Code du travail définit les intempéries comme les « conditions atmosphériques et inondations lorsqu'elles rendent dangereux ou impossible l'accomplissement du travail ». L'article D5424-7-1 en dresse la liste : canicule, neige, gel, verglas, pluie, vent fort. Les inondations s'y ajoutent au titre de la même définition. Autrement dit : le froid qui gèle le mortier, la neige qui couvre le chantier, le vent qui interdit la grue, la pluie qui noie une tranchée, la chaleur qui met les équipes en danger. L'arrêt doit tenir à la météo elle-même : un retard d'approvisionnement ou une difficulté d'accès sans lien avec les conditions atmosphériques n'entre pas dans le régime.

Qui décide l'arrêt

Pour la plupart des phénomènes, il n'existe aucun seuil numérique. La loi ne fixe pas de température de gel ni de vitesse de vent : l'appréciation est qualitative. C'est le chef d'entreprise qui juge, sur place, si le travail est devenu dangereux ou impossible. Les caisses le rappellent : l'employeur « est seul habilité à décider de l'arrêt et de la reprise » du chantier. Cette liberté a une contrepartie : la réalité de l'arrêt doit être prouvée, car la caisse contrôle a posteriori. Avant de déclarer, la consultation du comité social et économique (CSE) et l'information du maître d'ouvrage sont requises.

La canicule, seul cas à critère objectif

La canicule fait exception : c'est le seul phénomène adossé à un critère mesurable. L'arrêt canicule est éligible quand le département du chantier est placé en vigilance orange ou rouge par Météo-France, ou par arrêté préfectoral, entre le 1er juin et le 15 septembre. Le jaune n'ouvre pas le droit. Cette intégration de la canicule au chômage intempéries résulte du décret n°2024-630 du 28 juin 2024. Pour tous les autres phénomènes, pas de vigilance obligatoire : un gel matinal ordinaire, qui ne déclenche aucune alerte, peut justifier un arrêt si le travail est réellement impossible.

Ce que contrôle la caisse

La pièce maîtresse du dossier, c'est la fiche de pointage. La caisse exige les « carnets ou fiches de pointage journalier de chantier » qui justifient les dates et les heures d'arrêt et de reprise. Le point est capital : « faute de production de ces documents, la caisse procède à l'annulation des remboursements non justifiés ». La caisse recoupe aussi les bulletins de paie et vérifie elle-même la cohérence avec les données Météo-France : vous n'avez pas à joindre de justificatif météo, mais les heures que vous déclarez doivent tenir face au relevé officiel. Un pointage flou ou reconstitué après coup est le premier motif de rejet.

Les délais 2026, sous peine de forclusion

L'arrêté du 8 avril 2026 a durci la procédure. Deux échéances à ne pas manquer. La déclaration provisoire doit être faite sous 120 heures (5 jours) après le début de l'arrêt. Le bordereau détaillé doit être transmis dans le mois qui suit la reprise. Passé ces délais, le droit au remboursement est définitivement perdu : c'est la forclusion. Le bordereau engage par ailleurs la responsabilité civile et pénale de l'employeur sur l'exactitude des heures déclarées. Tenir ces délais suppose de savoir, dès le jour de l'arrêt, quand le compteur démarre.

Les chiffres à connaître

L'indemnisation couvre 75 % du salaire horaire brut, la première heure de chaque arrêt restant à la charge de l'entreprise. Les plafonds sont de 9 heures indemnisables par jour et 45 heures par semaine. Enfin, chaque salarié ne peut être indemnisé au titre du chômage intempéries que 55 jours au maximum par campagne, la campagne courant du 1er avril au 31 mars. Ces plafonds se raisonnent par salarié et par campagne, pas par chantier : sur un hiver rigoureux, le compteur des 55 jours mérite d'être suivi.

Comment VigiChantier aide

VigiChantier surveille la vigilance Météo-France de chaque chantier toute l'année et vous alerte au moindre changement de niveau. Quand vous arrêtez, vous pointez l'arrêt en un geste : l'heure déclarée par vous et l'horodatage serveur sont enregistrés côte à côte, ce que la caisse attend pour établir la réalité de l'arrêt. La reprise se pointe de la même façon, et VigiChantier génère la fiche de pointage PDF, prête à présenter au contrôle.

Surtout, l'outil tient l'échéancier à votre place : dès le pointage, il calcule la date limite de déclaration provisoire (120 heures) et celle du bordereau (un mois après la reprise), et vous rappelle par email avant chaque échéance. Vous ne perdez plus un remboursement pour un délai dépassé. Le détail des formules est sur la page tarifs.

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Sources

La définition légale des intempéries et la liste des phénomènes couverts figurent aux articles L5424-8 et D5424-7-1 du Code du travail. Les règles de décision, de déclaration et de contrôle proviennent du réseau des caisses : cibtp.fr, la page chômage intempéries de la CIBTP Grand Est et les pages contrôle de la CIBTP Grand Ouest. Les modalités exactes et les délais dépendent de votre caisse régionale : vérifiez auprès d'elle avant de déclarer. La vigilance officielle est publiée sur vigilance.meteofrance.fr.